Reconnaître les oiseaux

Les valleuses de Bruneval et du Fouquet sur la commune de la Poterie offrent les limites géographiques visuelles à cette portion côtière longue d’environ 2,5 Km qui constitue la Réserve Ornithologique GONm d’Antifer. Les falaises d’Antifer sont reconnues pour être l’un des sites le plus remarquable du littoral cauchois, au regard de sa grande diversité d’oiseaux nicheurs et de ses importantes colonies d’oiseaux marins. Frontière entre terre et mer, ces falaises sont des milieux naturels ayant conservé un caractère sauvage très fort, accentué par leur inaccessibilité. Au printemps, c’est ici que de nombreux oiseaux s’installent pour nidifier dans les innombrables anfractuosités, grottes, failles, fissures offertes par la morphologie particulière de ces falaises.

Le Groupe Ornithologique Normand (GONm) y réalise un suivi régulier des oiseaux nicheurs depuis 1981.

Au siècle dernier, les falaises d’Antifer étaient encore occupées par trois espèces d’alcidés : le pingouin torda et la macareux moine. Au 19ème et au début du 20ème siècle, les destructions répétées en période de reproduction sont venues à bout de ces colonies fragiles. Actuellement, 7 espèces d’oiseaux marins et 11 espèces d’oiseaux rupestres ont été recensées sur la réserve. Parmi les oiseaux marins, le fulmar boréal, le grand cormoran, le goéland argenté et la mouette tridactyle ont les effectifs les plus remarquables. Le cormoran huppé, le goéland brun, et le goéland sont en nombre beaucoup plus réduit.

Cousin de l’albatros, le fulmar boréal ne s’est installé que récemment sur le littoral français. Cet infatigable planeur est connu à Antifer depuis 1968.

Seule région française à avoir hébergé l’espèce en continu, depuis le début du 19ème siècle, la Normandie est le bastion du grand cormoran (c’est pour cela qu’il est l’emblème de GONm). A Antifer, il semble que la colonie ait atteint sa densité biologiquement optimale, puisque l’effectif nicheur compte désormais autour de 110 nids depuis 1985.

Découverte en 1982, la colonie de mouette tridactyle d’Antifer est aujourd’hui la 2ème colonie français (600 nids). Surnommée « Kittiwake » par nos voisins britanniques du fait de son cri, cette petite mouette peut installer son nid sur des corniches de moins de 1 cm de large en y accumulant algues et guano.

Oiseau symbole des côtes maritimes, le goéland argenté est l’oiseau nicheur le plus commun du littoral cauchois. 500 couples se reproduisent à Antifer.

Semblable au précédent, le goéland brun s’en distingue par son manteau sombre et ses pattes jaunes. Cet oiseau tend à se raréfier sur nos côtes. 2 couples nichent sur la réserve.

Le goéland marin est la troisième espèce du genre. Sa taille imposante et ses pattes couleur chair le différencie du goéland brun. L’espèce est en sensible augmentation. Antifer accueille cinq couples nicheurs de ce redoutable prédateur.

Enfin, le cormoran huppé niche régulièrement à Antifer depuis 1995. Cependant, les nicheurs sont très discrets, ils ne dépassent pas encore le nombre de trois couples.

Parmi les oiseaux rupestres nicheurs, on note tout particulièrement la présence de l’emblématique faucon pèlerin (rapace le plus rapide, près de 300 km/heure en piqué). Avant sa disparition des falaise cauchoises en 1965, la population nicheuse du faucon pèlerin en pays de Caux était donc l’une des plus fortes de France avec environ 50 couples. L’interdiction d’utiliser des pesticides organochlorés (DDT), source principale du déclin de l’espèce, a permis le retour en trois sites différents, du Havre au Tréport, dont un couple sur la réserve d’Antifer.

Le pigeon colombin, connu pour nicher en forêt dans les vieux arbres creux est remarquablement abondant dans les falaises d’Antifer (17 couples). Il utilise les fissures pour installer son nid. Enfin, l’hirondelle de fenêtre, la bergeronnette grise, rouge-queue noir, l’étourneau sonnet et le choucas des tours sont des passereaux nicheurs communs sur la réserve.

Dans le but de faire reconnaître cette richesse ornithologique et afin de préserver vers la tranquillité et l’attractivité du site pour les oiseaux, le GONm a signé en 1991 une convention de « réserve ornithologique » avec les propriétaires des parcelles situées au dessus de la falaise. Le but de cette convention est de permettre une étude scientifique du patrimoine ornithologique à partir d’un recensement annuel des populations. Le GONm organise au printemps et en début d’été des visites de la réserve avec un guide. Les dates vous seront communiquées sur les panneaux d’affichage municipal.

Le pingouin Torda – Le Macareux Moine

Le Fulmar Boréal – Le Grand Cormoran

Le Goéland Argenté – La Mouette Tridactyle

Le Cormoran Huppé – Le Goéland Brun

Le Faucon Pèlerin – Le Pigeon Colombin

l’Hirondelle des Fenêtres – Rougequeue Noir

Etourneau Sonnet – Bergeronnette Grise

Choucas des Tours