L’opération d’aménagement du cœur de bourg est lancée

Destinée à redynamiser le centre de la commune,
les premières réalisations seront visibles avant 2013

 

L’objectif est de disposer d’un cœur de bourg densifié qui favorise le développement des commerces et des services, avec des espaces publics attractifs et une circulation piétonne agréable entre les commerces et l’habitat. En un mot : Un cœur de bourg où il fait bon vivre et se retrouver. Dés l’origine de la démarche, la réflexion d’aménagement a été lancée avec le concours du CAUE de Seine-Maritime (Conseil architecture urbanisme et environnement) qui a établi un diagnostic de tous les bâtiments communaux. Les fonctions de la mairie, école, bibliothèque, pôle sportif… ont été étudiées avec soin dans la perspective de leur réaffectation. Il s’agissait également de s’intéresser aux fonctions commerciales du bourg dans un espace qui s’est déstructuré au fil des années laissant des vides, véritable dent creuse sans vie. Le fruit du travail préliminaire engagé avec le CAUE a retenu l’attention du Département de Seine-Maritime qui s’est engagé avec la commune dans un pacte de développement durable. Ce pacte a modifié la démarche d’aménagement car il prend en compte l’approche environnementale du projet avec notamment le souci de l’économie d’énergie. La question a ainsi été posée d’un système de chauffage centralisé des bâtiments publics, soulevant de fait leurs localisations dans le bourg, leurs nombres, leurs surfaces et leurs affectations. « Notre préoccupation n’est pas se faire une mairie mais d’avoir une réflexion globale d’urbanisme en milieu rural qui apporte les ressorts pour redonner de la vie au bourg », souligne la municipalité. Il est alors apparu nécessaire de faire appel à un cabinet d’ingénierie afin de définir une méthode de travail permettant d’établir un cahier des charges efficace. Réputé pour ses réalisations, l’aménageur SHEMA a été retenu pour mener ce travail d’assistance au maitre d’ouvrage qui englobe l’option architecturale. A partir de cette option, la SHEMA a proposé le concours de l’architecte Paul Chemetov. Celui-ci avoue s’être pris  de passion à l’idée de repenser le centre bourg qu’il connait depuis toujours. Il séjourne régulièrement dans une maison familiale située à quelques lieues de là, à Saussezemare.

 

 

 

 

 

 

 

« Le bourg de Saint-Jouin-Bruneval n’est pas un bourg classique du pays cauchois. C’est un beau bourg qui s’appuie sur une riche histoire, mais il a connu l’évolution de tous les anciens bourgs agricoles, avec un dépérissement des commerces et services, une dispersion de l’habitat et une concentration des exploitations agricoles ». Selon l’architecte, le scénario possible de redensification du bourg en termes de services, commerces et logements, passe par l’utilisation du patrimoine existant pour loger la mairie, la poste, la bibliothèque et un pôle médical. « Cette hypothèse suppose une intervention mesurée sur les bâtiments existants, limitant les dépenses et utilisant au mieux les espaces, les structures et même le caractère propre de chaque bâtiment ». Si l’approche est guidée pour des raisons d’économie, ce ne sont pas là les plus importantes, ajoute l’architecte « car savoir transformer l’existant est aussi une façon de ne pas le périmer, le déclasser ». Paul Chemetov va accompagner les choix de la maitrise d’ouvrage qui a été confiée au cabinet d’architecte Baubion.  Avec une volonté affichée de pédagogue et de modestie, il va insuffler une intention architecturale laissant le soin aux architectes de définir leurs choix sur le terrain. Sur le terrain précisément, l’opération du cœur de bourg sera cadencée au rythme des mutations des bâtiments publics : mairie, bibliothèque, “salle intergénérationnelle”. Elle s’accompagnera de l’aménagement d’une place en face de la nouvelle mairie, de la création d’une hâlette et de la création de quatre logements dans l’ancienne léproserie. Le budget de réalisation a été fixé à 1,3 M€. Elaboré dans le cadre du Contrat de Pays, il va bénéficier du financement du Département et de la Région et des fonds de l’Etat sont attendus.


City Stade

L’accord de subvention du Département de Seine Maritime pour réaliser le City Stade est arrivé en décembre 2010. Le City Stade devrait donc voir le jour sur la commune au printemps.


Quelques réflexions de Paul Chemetov sur Saint-Jouin-Bruneval

Je ne pense pas qu’il y ait le minimum vital à saint-Jouin pour 1 800 habitants. C’est un gros bourg et qui va croître inexorablement pour dépasser les 2 000 habitants. Pourquoi pour les commerces et services de base, il faudrait aller à Octeville ou dans les centres commerciaux du Havre. Pourquoi la vie quotidienne ne peut pas se passer au plus près de chez soi. Il faut anticiper sur le monde qui vient et ne pas être à la traine. L’économie ancienne était une économie de nécessité, on ne gâchait pas le terrain agricole. Aujourd’hui, dans la facilité des choses, on gaspille le terrain. Va-t-on fabriquer des friches pavillonnaires comme on a vu des friches industrielles ? Non, il s’agit de préparer le support public des initiatives privées, faire que la largeur des routes, des trottoirs, des places, des bâtiments publics… organisent la venue du reste. Prenons nos affaires en main et tant mieux si une municipalité nous y aide. A-t-on besoin d’un grand jardin, je n’en suis pas sûr.  On a besoin d’avoir un jardin, quelque chose à soi pour y planter ces choux et cultiver ses tulipes. Quand on voit les forcenés de la tondeuse, je crois que s’ils restreignaient la surface à tondre, ils pourraient faire autre chose, s’occuper de leur femme et de leurs enfants, et même d’eux-mêmes. Le jardin ne doit pas être une punition mais un plaisir. Et s’il y a grand jardin, c’est aussi un jardin public. C’est la question entre proximité et promiscuité : La proximité est nécessaire, nous sommes des animaux sociaux ; la promiscuité nous rend un peu trop animaux et pas assez sociaux. Les raisons qui poussent les habitants à quitter la ville ne sont pas neutres sur le plan économique. Il était plus économique de vivre à Saint-Jouin que de chercher un appartement improbable au Havre. Mais désormais, les coûts de transport en voiture grèvent les budgets des ménages et de plus en plus dans l’avenir, c’est pour cela qu’il faut suffisamment de services qui répondent aux besoins de la population.  Ça veut dire ramasser, resserrer la vie quotidienne. Saint-Jouin avec ses 1 800  habitants est en cela une excellente échelle.

 


Mémorial de bruneval

A l’occasion du 70ème anniversaire de ce haut fait historique de la Seconde Guerre Mondiale La commune souhaite organiser un grand évènement  en 2012  sur le site du Mémorial qui aura pris  une nouvelle dimension architecturale.

Le 28 février 1942, la commune de Saint-Jouin-Bruneval était le théâtre d’une opération militaire exceptionnelle, orchestrée par les Forces Alliées avec le soutien de résistants français. Il s’agissait de la première opération sur le territoire français combinant, la marine, l’aviation et l’armée de terre. Réunissant près de 120 hommes venus  d’Angleterre par avion pour s’emparer en pleine nuit des pièces d’un radar allemand et regagner aussitôt la côte anglaise par la mer, cette opération fut un succès total. Elle allait marquer une étape décisive dans l’organisation du Débarquement en Normandie. Si un monument érigé dans la valleuse de Brunevel rappelle cet évènement, la commune veut en 2012 à l’occasion du 70ème anniversaire de l’opération « Biting » redonner toute sa place à ce haut fait historique. Alors que les derniers témoins ont disparu,  le devoir de mémoire s’impose tout en le projetant avec force vers le 21ème siècle. La détermination et la solidarité qui animaient ces hommes sont des valeurs essentielles qui doivent être solidement entretenues par les générations futures.  André Haraux, ancien déporté, président du Musée historique des Deux Guerres Mondiales, et sans qui le coup de main de Bruneval ne serait qu’un lointain souvenir, a dit les mots qu’il faut. Ils vibrent aujourd’hui de la même intensité : « Pour rappeler que nous sommes toujours quelque part en lutte pour la liberté. Parce que les hommes n’ont jamais rien compris. Je suis en colère quelquefois quand les droits de l’homme sont bafoués. Cela même pour lesquels nous nous sommes battus. Je voudrais que tous comprennent que nous sommes faits pour vivre ensemble ».

L’évènement 2012

Redonner par la présence des plus grandes personnalités toute la dimension de ce haut fait d’armes

La  venue à Saint-Jouin-Bruneval en juin 1982 du Président de la République, François Mitterrand, et du Prince Charles , représentant la Reine d’Angleterre, a particulièrement marqué les cérémonies commémorant le 40ème anniversaire du Raid. Cette représentation au plus haut niveau des Etats a permis de rappeler  l’importance accordée à l’opération militaire de Bruneval dans l’histoire des deux pays. Trente ans plus tard, à l’occasion du 70ème anniversaire, la commune souhaite renouveler l’évènement  en invitant les chefs d’Etats en juin 2012 sur les lieux  même de l’opération Biting. La démarche, fortement symbolique, consiste à ne pas laisser le temps tirer un trait sur ce grand moment de l’histoire. Plus encore, il s’agit de se projeter dans l’avenir en rappelant  que les questions fondamentales de liberté, de solidarité et de citoyenneté  doivent rester plus que jamais au cœur des préoccupations de notre démocratie. A ce titre, une place particulière devra être accordée  sur le site du Mémorial rénové aux grands principes qui ont guidés le Conseil National de la Résistance. Des principes qui constituent encore aujourd’hui les fondements du système social de la France.

Opération Biting

Un Raid exceptionnel qui marquera la préparation du Débarquement

L’opération Biting  consistait à s’emparer des pièces principales composant un nouveau type de radar extrêmement pointu utilisé par les Allemands. Selon les services de renseignements britanniques alertés à la fin de l’année 1941, il permettait de mesurer avec précision le relevé du vol des avions, l’altitude et la distance. Des reconnaissances aériennes permettent de localiser ce radar à proximité du « Manoir de la Falaise », une vaste construction de pierres surplombant la Valleuse de Bruneval. Grâce aux renseignements fournis par les résistants havrais, les Alliés vont reconstituer une maquette très précise du site et préparer une opération dans les moindres détails. La plage de Bruneval étant étroitement surveillée par les soldats allemands, une attaque frontale est écartée. Les Alliés prennent alors la décision d’une opération aéroportée par l’arrière du « Manoir de la Falaise », avec un groupe de parachutistes qui serait évacué par la mer sur la Grande-Bretagne après l’opération. Le 8 janvier 1942, Lord Louis Mountbatten à la tête des « opérations combinées » terre-air-mer informe le quartier général de la 1ère division aéroportée britannique. Sous le nom de code « Biting », l’opération est  confiée au 1er bataillon commandé par le major J.D Frost. Dans la nuit du 28 février vers minuit, 119 parachutistes seront largués au dessus du hameau de Theuville. Ils parviendront à neutraliser les forces allemandes et à s’emparer des éléments essentiels du radar. Tout juste deux heures plus tard, ils réembarquent de la plage à bord de péniches de débarquement et de vedettes rapides. Tous les hommes regagnèrent les côtes anglaises sauf huit, il y avait un mort et les sept autres n’ont pu rejoindre la plage à temps. L’opération Biting est un succès. Elle est l’exemple pour les Alliés d’une opération combinée réussie. La capture des éléments du radar  permettront aux Alliés de déterminer les différentes fréquences utilisés par les Allemands et de mettre au point un système de brouillage efficace qui sera utilisé les 5 et 6 juin 1944 pour masquer la flotte alliée se dirigeant vers les côtes de Normandie.

 


La nouvelle dimension du Mémorial Biting

Un lieu d’histoire et de savoirs pour comprendre le passé et le présent

Le Mémorial de Bruneval a été inauguré en 1975 par Lord Louis Mountbatten. André Haraux y associera des collégiens et des lycées de la région havrais pour construire l’escalier de liaison vers la plage. Dans les marches, ils vont sceller avec l’aide de jeunes Allemands une pierre ramenée du camp de Mauthausen : « Bruneval, symbole de résistance et de lutte, devient aussi symbole de réconciliation ».  Le Mémorial Biting sera repensé  pour les commémorations de 2012. L’idée principale du projet est de faire un musée à ciel ouvert qui soit à la fois un site de commémoration et un lieu pédagogique qui permet de comprendre l’évènement. « Nous voulons donner au site sa véritable dimension historique et fournir un sens de lecture aux différentes mémoires  tout à la fois à travers l’opération militaire, la résistance et le gaullisme », souligne Jean-Marc Coquerel, membre de l’association « André Haraux, Histoire & Mémoire ». La rénovation du site confié au cabinet d’architectes Bruno Saas-Atelier de Saint-Georges , comporte trois espaces d’exposition. Le premier espace, situé en parie basse du Mémorial, sera consacré à Charles de Gaulle et au Gaullisme. Le général a prononcé à Bruneval le 30 mars 1947 un discours en présence de 20 000 Déportés et Résistants. Un autre panneau sera dédié à André Haraux et à la Résistance. Des lutrins en acier plié permettront une lecture linéaire avec des bancs. Un second espace installé sur la grande terrasse située au bas de l’escalier conduisant au monument  développera un pupitre  long de 22 mètres qui relatera de façon chronologique  l’opération Biting. Cartes, photos et textes - en français et en anglais - traiteront  dans le détail et factuellement le contexte de l’opération, sa préparation, son déroulement et ses conséquences  ainsi que les points de vue britanniques et allemands. Les plaques commémoratives existantes sur le site seront replacées sur le panneau afin de mettre en valeur les éléments essentiels du site. Enfin un troisième espace situé sur la partie haute va accueillir une table d’orientation qui décrira les lieux. Installée sur la base en béton d’un ancien bunker allemand enterré, elle sera formée d’arcs de cercle permettant aux visiteurs de déambuler à l’intérieur et de visualiser en 360° le déroulement des opérations. Le Mémorial lui-même fera l’objet d’une rénovation légère. Il accueille trois plaques  de Souvenir : une plaque portant les noms des 119 parachutistes ayant participé à l’opération, une portant les noms des  deux parachutistes tués à Bruneval et une autre dédiée  à la mémoire des résistants français. Le réaménagement du site  s’accompagne d’un traitement des sols de cheminements, d’une requalification de la voirie et la création d’une zone de dépose minute à l’entrée du Mémorial pour les personnes à mobilité réduite et enfin, de la modification et la remise en état des escaliers en béton. Pour la commune, « le lieu  réhabilité dans sa dimension historique et paysagère a vocation à accueillir des évènements  et s’inscrit  dans la politique de
valorisation des espaces touristiques ».

 

Biting.avi