port d’antifer

Le port du Havre s’est spécialisé très tôt dans la réception de produits pétroliers. L’augmentation de la consommation de pétrole en France dans les années 1960, l’incidence de la taille des bateaux sur le prix du transport, ont entraîné une croissance régulière du tonnage des pétroliers. Les aménagements portuaires du Havre ne permettaient pas la réception de bâtiments de plus de 250 000 tonnes.

Dès 1967, il a fallu imaginer et étudier un port à la côte pour accueillir ces pétroliers géants des mers de 540 000 tonnes. Les études géologiques révélant la présence d’une bande sableuse large de 3 km, perpendiculaire à la côte au droit de Saint Jouin-Bruneval, ont motivé le choix du site pour la réalisation d’un port à la côte abrité par une digue enracinée par un chenal dragué.

La digue principale longue de 3,5 km a été conçue pour protéger des houles dominantes de secteur nord et pour donner le meilleur abri contre les courants. Cette digue en talus constitué d’enrochement silico-calcaire est coiffée par une carapace en blocs cubiques de bétonde 12 tonnes côté port et 24 tonnes côté large.

La digue abrite deux appontements conçus pour des navires de 600 000 tonnes, reliés par des canalisations de grand diamètre aux réservoirs de stockage relais implantés en pied de falaise. Le pétrole déchargé au terminal d’Antifer, ne fait que transiter avant d’être stocké au Havre d’où les raffineurs l’utilisent selon leur besoin. Les gros pétroliers peuvent décharger leur cargaison à des débits très élevés, bien supérieur au débit de l’oléoduc de 26,5 km rejoignant le Havre. Les réservoirs d’Antifer servent donc de stockage-relais pour ne pas retarder le déchargement d’un pétrolier. Une petite digue abrite un port de service. En décembre 1969, la construction du terminal pétrolier d’Antifer fut décidée. La construction du port a duré 40 mois ; de mars 1973 à novembre 1975. La taxe professionnelle issue de l’activité portuaire d’Antifer constitue une ressource financière importante pour la commune.

Le premier choc pétrolier, puis le second, vinrent ternir les perspectives grandioses pour le terminal pétrolier d’Antifer. Depuis bien des années maintenant, sous-utilisé le terminal n’accueille plus aujourd’hui que 50 à 55 pétroliers l’année : un trafic 5 fois moindre qu’il y a 25 ans, soit encore le quart de sa capacité optimal (Antifer a la capacité d’absorber l’ensemble des importations nationales).

Le 24 juillet 2001, le préfet de Seine-Maritime accorde le permis de construire pour un parc éolien de 5 éoliennes de 2,5 mégawatt chacune implantées à flan de digue en mer. Antifer, un des meilleurs sites éoliens de France, 5 éoliennes semi-off-shore, bénéficiant de la digue comme accès et éloignées de 3 km de la falaise auraient produit de l’électricité pour 37 000 foyers hors chauffage.

C’était sans compter avec l’opposition des autorités du Port Autonome du Havre (PAH) qui, arque boutés dans leur activité pétrolifère ont refusé le projet éolien d’Antifer.

Pourtant, expertises et contre-expertises de sécurité, validées par la DRIRE ont conclues à l’innocuité du projet et sa faisabilité. Malgré une adhésion locale et régionale très forte pour développer un parc éolien semi-off-shore sur ce site industriel déjà profondément modifié par l’activité de l’homme ; malgré un soutien unanime au projet éolien d’Antifer de la part de l’équipe municipale de Saint Jouin-Bruneval, le parc éolien d’Antifer n’est pas encore sorti de l’eau.